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Relations Japon-Corée du Nord, ou petit cours de géopolitique appliquée
Relations Japon/Corée du Nord, ou petit cours de géopolitique appliquée.

Depuis plusieurs mois, la tension monte entre Japon et Corée du Nord. En effet, cette dernière a lancé, le 5 avril dernier, une fusée balistique qui est passé bien près du Japon. Et le 25 mai dernier, c'est par un essai nucléaire qu'elle défraie la chronique. Mais en creusant un peu, on passe du fait divers entre voisins à un imbroglio de relations politiques mondiales, notamment noué au cours du siècle passé. Et son évolution est loin d'être encourageante...


Ça se passe où ?


source



Historique condensé


- La Corée du Nord a été occupée par le Japon de 1905 à 1945. Libérée en 1946 puis secouée par la Guerre de Corée (1950-1953), elle a été soutenue dans sa reconstruction par l'Union Soviétique. Elle garde une vive rancœur contre le Japon, entre autre au sujet de pratiques de prostitution organisée des femmes coréennes sous l'occupation japonaise.


- De son côté, le Japon sort perdant de la 2ème guerre mondiale en septembre 1945, et sa toute nouvelle constitution le restreint grandement sur le plan militaire (comme tous les pays vaincus de cette guerre) : il lui est interdit de posséder des installations militaires offensives, seules des installations purement défensives sont autorisées. Pas de porte-avion, pas de missiles longue portée, etc... En revanche, les États-Unis, très présents au pays du soleil levant après la guerre, leur ont vendu par la suite un "parapluie antimissiles" à "seulement" 7 milliards de dollars. Le Japon dépend également de l'Amérique du Nord pour être alerté en cas de menace. Russie derrière la Corée du Nord, États-Unis derrière le Japon... Ça ne vous rappelle rien ? Mais poursuivons...

- Dans les années 70 et 80, le Japon accuse la Corée d'avoir kidnappé des ressortissants japonais. La Corée a finit par reconnaitre une partie des faits, mais des zones d'ombre demeurent. Cette brouille perdure encore actuellement : elle est la principale cause de l'absence de relations diplomatique entre Tokyo et Pyongyang, la capitale nord-coréenne.

Un animé a été réalisé sur ce thème par le ministère de l'intérieur japonais . Il est disponible et librement téléchargeable ici. dommage que la qualité graphique laisse fortement à désirer, rendant difficile le déchiffrage de la version sous-titré en français.

- En 2006 la Corée du nord se dote de l'arme nucléaire et procède à un essai (9 octobre 2006), aussitôt interprété comme une menace par le Japon.

Voilà pour le résumé.
Nous arrivons maintenant au printemps 2009...


Avril 2009


Le dimanche 5 avril 2009, après l'avoir annoncé et malgré les pressions internationales, la Corée du Nord a procédé au lancement "d'un satellite" selon la Corée, et au "tir expérimental d'un missile longue portée" selon le Japon, les États-Unis et la Corée du Sud. La Corée du Nord avait menacé de représailles toute tentative d'interception de son engin. Celui-ci s'est finalement abimé dans l'océan pacifique, et là encore la Corée du Nord a clairement fait comprendre au Japon qu'il n'avait pas intérêt à venir la chercher... Pour donner le ton exact, voici une citation de l'état-major général de l'armée de Pyongyang qui aurait déclaré que : "les forces armées révolutionnaires ne toléreraient pas des activités provocatrices et irrationnelles visant la République populaire démocratique de Corée (RPDC) des réactionnaires japonais, son ennemi juré séculaire".


une photo publiée par la Corée du Nord, attribuée selon elle aux missiles tirés récemment.
source


Il a d'abord été question de renforcer le potentiel défensif du Japon, mais en ces temps de crise, le compte en banque nippon faisait la tête... Alors dans un premier temps, seules des mesures restrictives sur les transferts financiers avec la Corée du Nord ont été prises. Le Japon se sentait démuni et vulnérable ; Obama a aussitôt placé les États-Unis en grand frère protecteur pendant que Mme Clinton, secrétaire d'État américaine, déclarait voir le Japon comme la "pierre angulaire de la politique américaine en Asie". Le Japon avait aussi prévu de "s'expliquer fermement" avec la Chine, car tous deux n'étaient pas d'accord sur la réponse à apporter à ce tir de missile/satellite. Sachez au passage que Chine et Japon sont en concurrence directe au niveau économique... En ces temps de crise le sujet est particulièrement sensible.

De son côté, La Corée du Nord était engagée depuis plusieurs années dans de poussives négociations visant à lui faire abandonner ses recherches atomiques contre un soutien économique et des mesures de protection. Tout cela se négociait avec 5 autres pays : la Chine, la Corée du Sud, le Japon et les États-Unis... Encore eux !


Mai 2009


Le 25 mai 2009, la Corée du nord a procédé à un second essai nucléaire sous-terrain, largement relaté dans la presse mondiale. Le pays a également procédé au tir de six missiles de courte portée en 3 jours la semaine suivante.

M. Aso, le premier ministre japonais, a appelé de nombreuses fois le conseil de sécurité de l'ONU a se réunir en urgence pour condamner ce tir. Il a fini par obtenir gain de cause : l'ambassadeur de Russie, Vitaly Tchourkine, alors président du Conseil, a déclaré "Les membres du Conseil ont exprimé leur ferme opposition et leur condamnation de l'essai nucléaire effectué le 25 mai 2009 par la Corée du Nord, qui constitue une claire violation de la résolution 1718".
Lors d'une interview récente, le porte parole du Japon Takeo Kawamura aurait ajouté que le gouvernement japonais allait "bien sûr" chercher à faire voter une nouvelle résolution sanctionnant le régime communiste à l'ONU.

Le Japon était donc en attente de sanctions plus fortes contre Pyongyang, et envisageait de durcir ses propres mesures. États-Unis et Japon, parfois rejoints par la Corée du Sud, n'ont cessé de se rencontrer pour discuter de la situation.


"Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates."
source


Les intervenants américains sont nombreux. Le secrétaire d'État adjoint américain James Steinberg est également impliqué, puisqu'il est en train de faire la tournée des 5 autres pays engagés dans les (ex-)négociations de dénucléarisation de la Corée (négociations dont elle s'était retirée en avril suite aux sanctions prises par l'ONU vis-à-vis de son tir de missile), pour essayer de faire avancer les choses. En parallèle, ce monsieur a déclaré publiquement après un entretien avec le vice-ministre japonais des Affaires étrangères, Mitoji Yabunaka, : "J'ai réaffirmé l'engagement indéfectible des États-Unis à l'égard de la sécurité du Japon." Puis "Nous nous sommes engagés à travailler ensemble, avec la Corée du Sud, la Russie et la Chine pour faire revenir la Corée du Nord sur la voie d'une dénucléarisation complète et vérifiable".


Juin 2009

Le Japon sollicite toutes les puissances à sa disposition pour mettre à genou la Corée du nord : États-Unis, Chine, ONU... Lundi 8 juin, le Japon a encouragé l'ONU à mettre la Corée du Nord sur la liste des États soutenant le terrorisme. La Chine n'est pas favorable à la reprise des essais nucléaires de Corée du Nord, bien que celle-ci soit traditionnellement son alliée. La Russie refuse un positionnement franchement anti-Corée du Nord mais n'abonde pas dans son sens non plus.
Alors que cet article s'apprête à être publié, l'ONU vient d'alourdir ses mesures contre la Corée du nord (interdiction d'acheter des armes à la Corée du Nord...), pendant que le Japon a tout simplement déclaré un embargo total contre le pays.
Cette interdiction de l'ONU n'est pas anodine sur le plan mondial: la Corée du Nord est un fournisseur d'armes important, notamment pour l'Iran et la Syrie. Ils développeraient également des armes en commun.

De son côté, la Corée du Nord se fait de plus en plus cassante dans ses relations diplomatiques, notamment avec la Corée du Sud. Par exemple elle a déclaré récemment qu'elle ne se sentait plus liée à l'armistice qui a été signé entre les 2 pays après la guerre de Corée en 1953.


une manifestation de condamnation de l'essai nucléaire nord-coréen à Seoul (capitale de la Corée du Sud)
source avec un extrait d'interview de Bruno Pellaud, ancien directeur à l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui critique entre autre les réactions passées du Conseil de l'ONU...


Pour finir, Pyongyang a fait savoir que quelques soient les pressions, le pays ne changerait pas de cap. À ce jour on peut dire que les choses n'évoluent pas dans le bon sens, celui de la paix...

Venez en discuter avec nous sur le forum !

Sources :

aujourd'huilejapon
wikipedia, article sur le japon
wikipedia, article sur la Corée du Nord
aujourduilacoree, notamment : la tension monde dans la péninsule coréenne...
presse canadienne, vision du président américain
Corée du Nord, Iran... et armement
un article de 2007 qui donne des détails intéressants, notamment sur les accords EU/Corée par rapport à son désarmement.
l'article précédent peut etre retrouvé ici, avec d'autres info politiques sur la Corée du Nord.
un documentaire de M6 sur la Corée du Nord intitulé " Voyage au cœur du pays le plus fermé du monde, la Corée du Nord".

Je me suis permise de mettre d'avantages de sources sur la Corée du Nord que sur le Japon, supposant que le lecteur serait déjà suffisamment renseigné sur le pays du soleil levant. Le domaine des Droits de l'Homme en Corée du Nord n'a cependant pas été abordé directement: j'invite le lecteur à se renseigner dans ce domaine.
Le 22-06-2009 à 00:07:46 par : Tité

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