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Les origines historiques du manga




Quand on pense aux origines du manga, on songe très souvent à Osamu Tezuka et à son admiration pour Walt Disney, ce qui en soi n’est pas faux. Mais au final, on oublie que le manga a des racines bel et bien japonaises, sur lesquelles se sont greffées d’autres influences (surtout américaines), et que ces racines remontent très loin dans le temps.


Le manga trouve sa source à la période de Nara (entre 710 et 794) avec l’apparition des emakimono, des rouleaux peints (plus de dix mètres de papier pour chacun) avec des textes calligraphiés. Il s’agit de l’adaptation japonaise de rouleaux venant de Chine et de Corée importés par les moines bouddhistes. Le sens de lecture était de droite à gauche, il fallait dérouler le rouleau de gauche tout en réenroulant celui de droite pour ainsi ne voir qu’une partie de l’histoire, laquelle se découvrait à mesure. Les premiers emakimono servaient de support pour véhiculer les idées du bouddhisme. Puis, au fil du temps, ils ont pu servir à raconter divers genres d’histoires (batailles, romances, légendes folkloriques).



Extrait de l’emakimono Hyakki-yagyô-emaki tsukumogami représentant des yôkai.





Parmi ces emakimono, il faut remarquer le Chôjû-jinbutsu-giga (« caricatures de personnage de la faune »), traitant d’animaux anthropomorphes. Dans celui-là, il n’y a pas de texte pour aller avec l’image, celle-ci se suffisant à elle-même. La signification exacte de ces dessins est donc très incertaine. Mais il semblerait que ce soit une satire des moines et aristocrates de l’époque, d’où l’absence de texte pour éviter toute censure (l’auteur de ces rouleaux est sujet à débats).



Extrait du Chôjû-jinbutsu-giga.




Extrait du Chôjû-jinbutsu-giga.





Voici un lien[:i] vous montrant un [i]Chôjû-jinbutsu-giga(le premier des quatre rouleaux) déroulé de droite à gauche comme il faut.

On peut aussi ajouter, comme autre racine du manga, les estampes venant tout droit de la période d’Edo. Celles-ci servaient d’abord à illustrer des livres, puis le processus s’inversa et l’image prit plus d’importance que le texte (souvent écrit en hiragana). Ces recueils sont souvent connus sous la dénomination de kusazôshi.



Extrait de Shirimakuri goyôjin, illustré et écrit par Jippensha Ikku.




Extrait de Kinkin sensei eiga no yume, illustré et écrit par Koikawa Harumachi.




Extrait de Kinkin sensei eiga no yume, illustré et écrit par Koikawa Harumachi.




Extrait de Bakemono hakonesaki, illustré par Torii Kiyonaga et écrit par un inconnu.




Puis au final vint l’estampe ukiyo-e (signifiant « image du monde flottant »), dépourvue de texte. Cette mouvance artistique apparut avec les changements portés par le régime Tokugawa, la bourgeoisie prenant la place de l’aristocratie. De même, les thèmes abordés sont nouveaux, puisque plaisant à cette nouvelle bourgeoisie : les jolies femmes, les scènes érotiques (eh oui, déjà !), le kabuki et le sumo (très prisé par les bourgeois), le fantastique (les yôkai), les paysages.



Célèbre ukiyo-e du mont Fuji, de Katsushika Hokusai.






Ukiyo-e de Kitagawa Utamaro montrant un atelier d’artistes.






Ukiyo-e d’Utagawa Kunisada représentant Miyamoto Musashi.






Ukiyo-e d’Utagawa Kuniyoshi représentant un yôkai.




Si nous abordons ces ukiyo-e, c’est tout simplement parce que c’est Katsushika Hokusai, spécialisé dans l’estampe de paysages, qui le premier utilisa le terme manga pour désigner ses célèbres œuvres, les Hokusai manga (« croquis de Hokusai »).

Au fait, savez-vous ce que signifie le terme manga ? Ce terme vient du rassemblement de deux kanji : 画 ga (« dessin, gravure ») et 漫 man (« involontaire, divertissant »). Il est traduit généralement par « image dérisoire ».



Estampe extraite du recueil Hokusai manga.




Estampe extraite du recueil Hokusai manga.




Estampe extraite du recueil Hokusai manga.




Son intention était de montrer la vie sous tous ses angles, en quelque sorte des scènes prises sur le vif, à la fois dans un but pédagogique pour servir à ses élèves et dans un but ludique. Aujourd’hui encore, son influence perdure, de nombreux mangas gardent cette intention.

Faisons un grand bond dans le temps pour nous situer à la restauration de Meiji et son ouverture sur l’Occident, qui permet à des caricaturistes européens d’enseigner leur savoir au Japon tout en travaillant sur de courtes bandes dessinées caricaturales pour des journaux, ce qui inspirera nombre de dessinateurs japonais. En 1862, Charles Wirgman, un illustrateur anglais, introduit les bulles dans le dessin. Puis en 1887, Georges Bigot, un peintre-illustrateur français, introduit les cases. Il faudra par contre attendre quelques années avant que les illustrateurs japonais reprennent ces idées dans leurs courtes bandes dessinées. C’est Yasuji Kitazawa qui réutilisera le terme manga pour désigner ses dessins caricaturaux de quelques cases. D’ailleurs, le premier manga considéré comme tel date de 1902.



Exemple de ces mangas réalisés par Yasuji Kitazawa.



Puis, en 1908, il innove dans la presse japonaise en publiant un magazine en couleurs exclusivement réservé aux enfants et qui connaît un véritable succès, marquant par là même le marché des mangas.

Voici quelques dates importantes dans l’histoire du manga d’avant-guerre :
1909 : fondation de la société d’édition Kodansha par Seiji Noma.
1914 : Kodansha publie le mensuel Shônen Club, premier magazine de mangas pour garçons.
1923 : publication du Shôjo Club, recueil pour filles.

La réelle explosion des mangas au Japon se fait peu de temps après la Seconde Guerre mondiale. Sous l’occupation américaine, les mangakas d’après-guerre subissent l’énorme influence des comic strips et de la culture américaine en général. De plus, la défaite a ruiné le pays, et la population recherche une distraction bon marché. Le succès du manga est la conséquence de cette situation et de l’attente du peuple japonais.

L’un de ces mangakas, influencé par Walt Disney, révolutionnera le genre et donnera naissance au manga moderne. Il s’agit bien sûr d’Osamu Tezuka, surnommé Manga no Kamisama (Dieu du Manga) au Japon. Ce mangaka va publier ses bandes dessinées professionnellement dès 1946, mais il rêve de se lancer dans le dessin animé. Malheureusement, le pays est ruiné. Il va alors coucher sur le papier ce qu’il voulait rendre à l’écran. C’est ainsi qu’il crée ce style particulier de manga qui, imitant le cinéma, a fait le succès de ses bandes dessinées et a posé les bases du manga moderne.

Quelques dates importantes pour le manga d’après-guerre :
1947 : Shin takarajima (La Nouvelle Île au trésor), manga muet, est considéré comme le premier manga dit moderne.
1963 : Tetsuwan Atomu (Astro le petit robot) est la première série d’animation télévisée.
1953 : Ribon no kishi (Princesse Saphir) peut être considéré comme le premier manga shôjo.



Osamu Tezuka avec son fidèle robot Astro.




L’intérêt des mangas est aussi de pouvoir inclure, plus ou moins en filigrane, des thèmes plus sérieux poussant ainsi le lecteur à la réflexion. Par exemple, la série Astro le petit robot, dont le titre japonais est Tetsuwan Atomu (« Atome aux bras de fer »). Le véritable nom du héros, Atome, faisant référence à l’énergie atomique (de plus, il a une sœur, Uran, et un frère, Cobalt), nous montre ainsi que le nucléaire a un côté positif (à l’opposé de la bombe atomique). Il combat des robots fous attaquant les hommes et des méchants qui détestent les robots ; Tezuka nous pose ainsi la question de savoir si l’homme et la science peuvent vivre ensemble. Astro combat aussi l’US Air Force (dans un épisode où il remonte le temps), pour qu’elle arrête de bombarder des villageois vietnamiens innocents. Et c’est ainsi que l’on arrive au manga que tout le monde connaît.


Le 11-06-2013 à 14:29:51 par : Kthulu

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