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Le yaoi, ou boys love


Le yaoi est devenu aujourd'hui un nouveau genre de manga, au même titre que le shôjo ou le hentai. Ce véritable mouvement se développe dans l'Hexagone depuis près de quatre ans, alors qu'il existe au Japon depuis plus d'une décennie. Mais avant de décrire plus en détail ce qui fait le succès grandissant de ce nouveau phénomène auprès de la communauté féminine du manga, il faut le définir.



Le yaoi, ou la révolte féminine

Le terme japonais yaoi serait l'acronyme de YAma nashi, Ochi nashi, Imi nashi, signifiant « pas de point culminant (dans le scénario), pas de chute (au récit), pas de signification (à l'histoire) ». Une dénomination fantaisiste montrant bien que les auteurs de ce type de publications cherchent simplement à utiliser de célèbres personnages masculins de jeu vidéo, de manga ou encore d'animé pour les mettre dans certaines situations issues de leurs fantasmes. Il s'agit d'un genre nouveau, centré sur une relation homosexuelle masculine.

Au Japon, ce terme fait surtout référence aux dôjinshi (productions de statut amateur). Apparus dans les années 1970, ce type de dôjinshi étaient généralement dessinés par des femmes. Elles mettaient en scène de célèbres personnages de shônen tels que Gundam, Final Fantasy, Les Chevaliers du zodiaque… et s'amusaient alors avec les amitiés masculines de ceux-ci, allant jusqu'à les parodier et même profiter de certaines relations ambiguës pour les amener vers leurs propres fantasmes : des relations amoureuses, voire sexuelles. Tout était bon pour se faire plaisir et pour ne pas se prendre au sérieux, d'où une histoire quasi inexistante.

Par la suite, ces mangas amateurs donnèrent naissance à un genre à part entière : le yaoi. Certaines mangakas, célèbres aujourd'hui, ont commencé par dessiner ces dôjinshi pour se faire connaître du public avant de commencer de véritables séries. Ce fut le cas des Clamp, qui commencèrent à faire des dôjinshi avant de lancer, au début des années 1990, leur première série : RG Veda, inspirée d'écrits sacrés hindouistes. Cette série leur inspira une fresque fantastique, mais non moins tragique, de par les relations amoureuses à connotation quelque peu homosexuelle et ambiguë entre personnages aussi bien masculins que féminins sur lesquelles vont jouer les Clamp. Un ingrédient qu'elles reprendront par la suite dans leurs séries Tôkyô Babylon et X et qui leur apportera un engouement fidèle de la part du public féminin.

Setona Mizushiro (auteur de L'Infirmerie après les cours, ou encore de X Day) emprunta le même chemin que les Clamp en commençant par faire des dôjinshi, qu'elle fit publier dans des maisons d'édition ou dans des magazines avant de percer véritablement dans le milieu, se créant ainsi un certain public. C'est donc grâce à l'apparition de ces mangakas professionnelles que le yaoi devint véritablement un nouveau genre dans le milieu du manga.

Le yaoi est ainsi devenu, tout comme le shôjo, un genre destiné au public féminin, puisqu'il met en scène des hommes qui, pour la plupart, ont un style bishônen (un beau garçon à l'aspect un peu androgyne) et puisque la trame principale de l'histoire reste une relation amoureuse entre deux personnages de sexe masculin. Ce genre apparaît alors comme étant le pendant pour les femmes du fantasme masculin : le yuri, à savoir : « Deux filles, c'est sexy ! » (Yuri venant de yurizoku et signifiant littéralement « tribu de lys », en référence au nom donné à la communauté lesbienne japonaise dans les années 1970.) Désormais, les lectrices de yaoi revendiquent haut et fort, sans aucun tabou ni vergogne : « Deux hommes ensemble, c'est torride ! »




Zoom sur le yaoi

Qui dit catégorie de manga, dit spécificités et codes en tout genre, et le yaoi ne fait pas exception à la règle. Voici une petite liste non exhaustive pour vous permettre d'y voir un peu plus clair…

Tout d'abord, le yaoi, qui pourrait s'apparenter à du hentai pour filles, est loin d'avoir forcément un caractère à visée pornographique. Les histoires se révèlent aussi complexes que variées, mais, surtout, les sentiments sont indissociables du genre. Il n'y a pas de relations sexuelles sans sentiments. Qu'ils existent avant la relation ou qu'ils se créent au cours de cette dernière, nos héros s'aiment ou s'aimeront. De plus, la plupart des scènes sont peu, voire aucunement explicites, sans compter que les parties génitales des personnages sont généralement à peine visibles. Ah ! les femmes et le romantisme !

La seconde particularité de ce type de manga est le physique des personnages. S'ils sont tous superbes, on note néanmoins une différence de taille entre eux, car une relation homosexuelle implique forcément un dominant et un dominé. Au-delà de l'invention d'un vocabulaire spécifique pour chacun des deux rôles, leurs caractéristiques, tant physiques que psychologiques, sont très différentes.

L'uke, provenant du verbe ukeru, « recevoir » ou « subir », désigne le dominé et est, la plupart du temps, le plus jeune des deux partenaires, et également le plus efféminé. Il se laisse généralement porter par l'ambiance de sa relation sans prendre d'initiative. C'est ce qu'on retrouve dans la majorité des mangas publiés en France, comme Love Mode ou Viewfinder. L'animation ne fait pas exception à cette règle avec, notamment, la série Junjô romantica, où les trois couples sont formés selon ce schéma (n'ayez crainte, nous reviendrons sur cet animé, qui est une référence en la matière). Cependant, il existe quelques exceptions telles que L'amour te va si bien, où l'uke dirige et manipule parfaitement le seme.


Le seme, provenant du verbe semeru, « attaquer », désigne le dominant et possède ses propres particularités. Il est viril et représente l'homme du couple. Sa forte personnalité et son esprit souvent machiavélique le rendent terriblement attirant. Voici quelques exemples de seme à découvrir : Shinonome, de Tendre Voyou, ou Kanô Somuku, de No Money, un animé qui n'a pas manqué de faire parler de lui en raison d'une scène de viol assez suggestive.


Afin d'avoir un meilleur aperçu de ces diverses relations, il nous reste à découvrir les différents genres que regroupe le yaoi.



Les différentes catégories

Le terme yaoi a donc été inventé par des fans extrêmement actifs. Aujourd'hui, il s'agit d'un terme générique qui englobe tous les sous-genres du phénomène, alors qu'à l'origine il correspondait juste à la présence de rapports sexuels dans une relation homosexuelle. Pour plus de précision, il est important de distinguer les catégories suivantes :
  • Le shônen ai. Il désigne une simple romance entre hommes. Les relations sont surtout suggérées tout au long de l’histoire. On peut prendre comme exemple les animés Gakuen Heaven ou Gravitation, ainsi que le manga Seven Days (en deux tomes). Ceux-ci reflètent parfaitement la subtilité de ce type de relations.
  • Le yaoi. À présent, il n'est plus nécessaire de préciser qu'il s'agit de mangas impliquant des relations sexuelles explicites, plus ou moins visibles, écrits et dessinés par des femmes, pour des femmes, et répondant à des codes comme ceux vus précédemment. À ce titre, on peut citer Interval ou encore l'animé Sensitive Pornograph, qui restent réservés à un public averti.
  • Le shota. Tout comme il existe le lolicon (mot-valise issu de lolita complex), qui peut désigner des œuvres dans lesquelles l’auteur joue sur une forte attirance pour de jeunes filles, le shota met en scène de jeunes garçons ou de jeunes adultes, à l'apparence assez juvénile. Le meilleur exemple pour ce genre-là est la série d'OAV très controversée Boku no Pico, où les héros sont de jeunes garçons.
  • Le bara. Alors que le yaoi est destiné à un public essentiellement féminin, le bara, ou manga gay, est destiné à un public masculin. Dessiné par des hommes, les corps ne sont absolument pas efféminés. Les parties génitales sont assez développées, et il n’existe quasiment aucune censure. En France, seul H&O Éditions publie ce genre de manga, avec, comme dernière sortie, les œuvres du plus grand mangaka de bara : Gengorô Tagame.

Il existe néanmoins quelques exceptions à ces diverses catégories, comme le manga Dog Style, paru aux éditions Taifu, où l'uke (rappelez-vous qu'il s'agit du dominé) est bien plus grand que le seme, et bien plus expérimenté en matière de sexualité, ou encore Le Jeu du chat et de la souris, où le seme ne rêve que d'une chose : devenir le dominé du couple ! Et enfin, la série de deux OAV Haru wo daiteita, qui décrit une relation complexe entre deux acteurs de film X, dont le plus ténébreux des deux deviendra un uke sexy à souhait !


Maintenant que nous avons vu les diverses catégories présentes dans ce domaine, tournons-nous vers ce nouveau genre qu'est le yaoi, afin de guider les néophytes un peu plus loin dans la perversité ou d'encourager les initiés à approfondir leur connaissance de ces relations aussi sentimentales que charnelles. Il est donc nécessaire de faire un point sur les incontournables, en France comme à l'étranger.



Le yaoi, du papier à l'animé

En France, le yaoi s'est essentiellement développé sur papier, puisque plus de cinq titres sortent par mois (toutes maisons d'édition confondues). Cependant, seuls trois animés ont été licenciés pour l'instant : Haru wo daiteita, sous le nom de Jeux d'amour ; Fuyu no semi, sous le nom de Samouraï dans la tourmente ; et No Money. Les deux premiers animés sont tirés de mangas de Yûka Nitta, mais, malheureusement, Haru wo daiteita ne verra certainement jamais le jour en France à cause de plagiat. En effet, la mangaka a reproduit des publicités Diesel pour les illustrations en couleurs de ses tomes.

Cependant, il existe pour notre plus grand plaisir d'autres mangas tout aussi brillants, pour lesquels l'adaptation animée est admirable. C’est notamment le cas des OAV de Koisuru bôkun, qui est le tout dernier yaoi du studio Primetime (déjà connu pour les excellents Kirepapa, Hey, Class President!, ou encore Ikoku irokoi romantan). Il n'est pas nécessaire de s’étendre sur la réalisation et le graphisme toujours d'excellente qualité avec ce studio, mais, en revanche, il faut souligner que les premières OAV de Koisuru bôkun restituent très fidèlement le premier tome du manga, paru aux éditions Taifu sous le nom de The Tyrant Who Fall in Love. Cette série compte actuellement six tomes au Japon.


Primetime n'est pas le seul studio à surfer sur la vague du boys love, bien au contraire. Par exemple, le studio japonais Frontier Works a sorti la série d’OAV Sex Pistols, reprenant avec beaucoup de liberté le manga du même nom, paru également aux éditions Taifu sous le nom de Love Pistols. Bien que la réalisation de cette série soit extrêmement soignée, l'histoire peut parfois s'avérer difficile à comprendre en ne regardant seulement que la première OAV, c'est pourquoi il est conseillé de lire les mangas, puisque déjà cinq tomes sont sortis en France.

Dans un registre complètement différent, les éditions Asuka ont publié No Money, dont les quatre OAV sont loin de faire l'unanimité à cause d’un enchaînement de scènes violentes conclu par un viol durant les premières minutes…


Il paraît nécessaire de s'attarder quelques minutes sur l'animé Junjô romantica, car, même si le graphisme du manga en a rebuté plus d'un, l'animé, quant à lui, a su conquérir une grande majorité d'amatrices de yaoi. L'intelligence des situations et la sincérité des sentiments qui y sont dépeints font de Junjô romantica une référence du genre. Plus qu'une simple histoire d'amour, cette série, constituée de deux saisons de douze épisodes, nous raconte l'histoire des destins croisés de trois couples aussi touchants que drôles. En effet, l'humour tient une place prépondérante dans cette série, insufflant ainsi une touche de légèreté dans cet univers homosexuel parsemé d'embûches. C'est donc grâce à Junjô romantica que nombre de jeunes filles ont été conquises par ce nouveau phénomène qu’est le yaoi, enfin… si elles ne l'avaient pas déjà été par Gravitation !


Si la lecture de cet article a éveillé votre curiosité, Junjô romantica reste une référence dans l'animation japonaise apte à vous faire découvrir cette tendance et vous laisser bercer par ces relations amoureuses peu orthodoxes, mais attachantes. Et si le nombre d'animés yaoi ne cesse d'augmenter, cela n'empêche pas à un nouveau phénomène semblable de prendre de l'ampleur, avec l'apparition des comics movies. Il s'agit de planches de manga colorisées et adaptées en vidéo. À ce titre, on peut citer Gokujô no koibito, de Masara Minase, ou encore Dash, d'Isaku Natsume.


Pour conclure, le yaoi est bel et bien un genre unique, qu'on peut désormais considérer comme l'un des grands mouvements du manga et qui continuera de nous offrir une grande diversité d'histoires. Toutefois, il reste encore de nombreux phénomènes à explorer. À quand le développement en France du yuri ?


Pour en savoir plus : , de la revue Manga 10 000 images, Éditions H, Versailles, 2008.

Site des éditions Taifu Comics
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Le 04-05-2011 à 18:49:35 par : Charlène et Lisa, responsable de la communication aux éditions Taifu Comics

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